Deuxième rapport conjoint ECDC/EFSA/EMA : utilisation des antibiotiques en médecine humaine et vétérinaire et résistances observées chez des bactéries isolées de l’homme et des animaux producteurs de denrées alimentaires

Le deuxième rapport JIACRA (Joint Interagency Antimicrobial Consumption and Resistance Analysis) a été publié le 28 juillet 2017. Le rapport a été rédigé sur la base de données collectées par les Etats membres entre 2013 et 2015. Les analyses ont été réalisées sur des bactéries pathogènes d’intérêt en santé publique et la relation entre l’utilisation des antibiotiques et le développement de résistance a été investiguée dans une perspective « One Health » (une seule santé).

Une différence importante a été observée entre les différents Etats membres, tant enmédecine humaine qu’en médecine vétérinaire, en termes d’utilisation des antibiotiques. L’utilisation des antibiotiques dans le secteur vétérinaire était en moyenne plus élevée (152 mg/kg contre 124 mg/kg en médecine humaine), mais dans 18 pays parmi les 28 répertoriés, l’utilisation était inférieure à la médecine humaine. 

L’utilisation des céphalosporines de 3ème et 4ème génération et des fluoroquinolones était plus élevée en médecine humaine, ce qui était associé à  la résistance observée chez des E. coli invasifs isolés chez l’homme. Une corrélation a été observée entre la résistance aux fluoroquinolones chez E. coli, C. jejuni et C. coli isolés des animaux producteurs de denrées alimentaires et chez ces mêmes bactéries isolées lors d’infections chez l’homme.   

Avec l’exception de quelques Etats membres où la colistine n’est pas autorisée chez les animaux producteurs de denrées alimentaires, cet antibiotique était plus utilisé dans le secteur vétérinaire que chez l’homme. Néanmoins, la résistance à la colistine de Klebsiella pneumoniae isolée lors d’infections chez l’homme était directement associée à l’utilisation de cet antibiotique dans les hôpitaux.

Pour les tétracyclines, la résistance de C. jejuni isolé chez l’homme a été directement associée à son utilisation et à la résistance observée chez les animaux producteurs de denrées alimentaires.

Ce rapport montre clairement que dans la lutte contre l’antibiorésistance, des efforts supplémentaires doivent être réalisés tant en médecine humaine qu’en médecine vétérinaire en vue d’une réduction de l’utilisation de tous antibiotiques.

Pour des informations supplémentaires et détaillées, nous vous invitons à lire le rapport dans son intégralité.